mardi 3 février 2009

le paradis de sa présence

O rossignols de Dieu ! Dégagez-vous des épines des ronces de la misère & du désespoir pour
prendre votre essor vers la roseraie d’inaltérable splendeur. O mes amis qui habitez la terre ! hâtez-vous
vers votre habitation céleste. Annoncez-vous les uns aux autres la joyeuse nouvelle :
Il est venu le Bien-Aimé.
Couronné de la gloire
de la Révélation de Dieu,
il a ouvert à la face des hommes
les portes de son antique paradis !
Que les yeux se réjouissent, que les oreilles soient dans l’allégresse ! Voici venu le temps de
contempler sa beauté & d’entendre sa voix. Proclamez devant tous ceux dont l’amour aspirait à ce temps
béni :
Voyez, votre Bien-Aimé est venu parmi les hommes !
& aux messagers du monarque d’amour, apprenez la nouvelle :
Voici que l’Adoré est apparu dans la plénitude de sa gloire !
O amants de Sa beauté ! que l’angoisse de la séparation fasse place à la joie de l’éternelle réunion,
que la douceur de sa présence dissipe l’amertume due à l’éloignement de Sa cour ! Voyez comme les
nuages de la gloire divine font pleuvoir aujourd’hui sur le monde les multiples grâces de Dieu. Aux jours
passés c’était l’amant qui suppliait son Bien-Aimé & le cherchait partout, mais en ce jour c’est le Bien-
Aimé lui-même qui appelle ses amants & les invite à parvenir en sa présence. Veillez à ne point perdre
une si précieuse faveur ; gardez-vous de sous-estimer pareil gage de sa grâce &, pour vous contenter de
ce qui périt, n’abandonnez pas les biens incorruptibles. Levez le voile qui obscurcit votre vision, dissipez
les nuages qui l’enveloppent, afin de contempler la face dévoilée de votre Bien-Aimé. Ainsi votre oeil
verra ce qu’aucun oeil n’a vu, & votre oreille entendra ce qu’aucune oreille n’a entendu.
Oiseaux mortels, entendez-moi ! Dans la roseraie de splendeur inaltérable, une fleur est sur le
point d’éclore. Auprès d’elle toute autre fleur n’est qu’une épine ; son éclat glorieux fait pâlir & se flétrir
l’essence même de la beauté. Levez-vous donc & de tout l’enthousiasme de votre coeur, de toute l’ardeur
de votre âme, de toute la ferveur de votre volonté, & de la pleine puissance de votre énergie, efforcezvous
d’atteindre le paradis de sa présence, d’inhaler le parfum de la fleur incorruptible, de respirer les
douces saveurs de la sainteté & d’obtenir enfin votre part de cette fragrance de gloire céleste. Celui qui
suivra ce conseil brisera ses chaînes, s’abandonnera aux extases de l’amour, & résignera son âme entre les
mains de Dieu. Telle la colombe mystique brisant les barreaux de sa cage, il prendra son essor vers ce nid
d’éternelle sainteté.
La nuit succède au jour, & le jour à la nuit, les heures & les moments de votre vie ne sont pas plus
tôt venus qu’ils sont déjà passés, & pourtant, aucun de vous n’a jamais consenti, fut-ce un instant, à se
détacher de tout ce qui périt. Faites diligence afin de ne pas dissiper les courts instants qui vous
appartiennent encore & qui seront perdus. Avec la rapidité même de l’éclair vos jours passeront & vos
corps reposeront sous une couche de poussière. Que pourrez-vous accomplir alors ? Comment pourrezvous
racheter vos fautes passées ?
Le flambeau qui ne s’éteint pas brille dans la nudité de sa gloire. Voyez comme à sa flamme se sont
consumés tous les voiles mortels.
O papillons amoureux de sa lumière, bravez tout danger & offrez vos âmes à sa flamme dévorante !
O vous qui avez soif de lui, libérez-vous de toute affection terrestre et hâtez-vous d’embrasser votre
Bien-Aimé ! Avec une ardeur sans égale, empressez-vous de l’atteindre. La fleur jusqu’ici jalousement
cachée à la vue des hommes s’offre à vos yeux sans aucun voile. Elle se tient devant vous dans le plein
éclat de sa gloire. Sa voix invite à s’unir à elle tous les êtres saints & nobles. Heureux qui répond à cet
appel ; fortuné celui qui, parvenu jusqu’à lui, a contemplé la lumière d’un visage si merveilleux !
Bahá'u'lláh

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