dimanche 6 mai 2012

Un paysage sans soleil




Je viens de traduire et de publier un autre texte encore de Ian Kluge, philosophe et bahá'í canadien, dont les sujets me paraissent toujours d'actualité. Alors que l'athéisme devient de plus en plus à la mode, ce qu'on peut comprendre en lisant les nouvelles du monde, même s'il me semble qu'on mélange un peu vite et un peu trop « religion » et « cléricalisme ». Dans cet ouvrage : Un paysage sans soleil, Ian Kluge répond à Sam Harris, une des têtes pensantes des nouveaux athées américains, qui dans son livre paru en 2010,  A Moral landscape veut prouver qu'on peut se passer de religion pour fonder une éthique et une morale.
  Ian Kluge reprend les arguments de Harris pour démontrer leurs faiblesses et s’inspire des écrits bahá’ís pour établir l’impossibilité intrinsèque de baser sur la seule science les fondements d’une éthique pour tous.
   Un ouvrage qui mérite un succès équivalent à ceux auxquels il répond !
Disponible à la Librairie baha'ie de France : 
https://www.librairie-bahaie.fr/

dimanche 19 février 2012

Le théâtre du monde

Observe le théâtre le plus immense qui soit : le monde et ses habitants. Vois cette armée d’âmes qui se précipitent dans l’arène des profits et des pertes. De tous côtés déferlent les vagues d’un océan de folie. L’homme perspicace entend les clameurs, les révoltes et les tumultes. Entre puissants et démunis ce ne sont que disputes et conflits. Entre nobles et indignes, épées, lances et flèches font la guerre. De chaque bord les armées sont rangées en ordre de bataille et chaque colline est couronnée de canons prêts à faire feu. De loin l’éclat des épées de l’ennemi et des lames acérées de la haine, étincelants dans la nuit hivernale, blessent la vue. Bref, les moyens de lutter, de se battre et de faire la guerre sont réunis et sont prêts.
Pendant ce temps, dans les rues résonnent les instruments des musiciens : harmonies du luth, des clochettes et des flûtes, chants et ébats joyeux, cris d'allégresse et rires. Mais vois par ailleurs quelle corruption ostentatoire ! Vois les ornements, l’or et les bijoux des mondains, le décor et l’apparence des vanités et des possessions terrestres, le raffinement ostensible des choses périssables qui ne sont pourtant que poussière et boue.
Ailleurs encore entend gémir et crier malheur ! Protestations, soupirs, cris plaintifs et plaintes amères montent jusqu’au ciel. Ce ne sont que voix tremblantes et gémissements de souffrance, lamentations du pauvre, sanglots poignants de ceux qui se noient dans une mer de catastrophes.
Ici, on découvre la brulûre de la séparation, le feu des tentations, les flammes du désir. On voit des rois soupirant d’indécision, de stupides ministres sans programme. Là, sur le champs de bataille des opinions et de la réthorique, on voit des dirigeants confus qui se disputent : tout y est passion et émotion, intrigues et trahisons, destruction et reconstruction, louanges et blâmes des dirigeants des royaumes et des régions.
Bref, si tu observes toutes ces scènes d’un œil perspicace, tu verras ce qu’elles sont vraiment et voyant leurs résultats, leurs tenants et leurs aboutissants, tu comprendras qu’elles ne sont que mirages dans la plaine et miel empoisonné. En quelques jours toutes ces choses passeront de l’existence à la non-existence, à la mort, au néant.
Mais quand tu te détournes de ce monde obscur et que tu lèves les yeux vers le ciel, alors tu vois lumière sur lumière, tu perçois ce qui est constant et stable, tu contemples l’éternel et l’immuable, tu comprends la réalité des mystères. Heureuse l’âme pure qui, détachée de ce monde frelaté et terni, cherche plutôt à s’attacher à la pureté, à l’indépendance et à la noblesse du monde qui dure.
 
Traduction provisoire Pierre Spierckel
D’après le texte anglais de Sen McGlinn traduit du persan.
Publié dans Selections from the Writings of ‘Abdu’l-Bahá (en persan), vol 3, p 37

jeudi 29 avril 2010




Les béatitudes
‘Abdu’l-Bahá
Mai 1913

Heureux le charitable, car il héritera de la vie éternelle.
Heureux l’indulgent pour les fautes des autres car il jouira de la béatitude divine.
Heureux celui qui fréquente tout le monde dans une joie contagieuse, car il obéit aux ordres de Bahá’u’lláh.
Heureux celui qui aime tous les hommes car il suit les conseils de Bahá’u’lláh.
Heureux celui qui est est bon avec ses ennemis car il marche dans les pas du Christ.
Heureux qui proclame la doctrine de la fraternité spirituelle car il sera enfant de la lumière.
Heureux le tendre et compatissant car il ne jettera de pierre à personne.
Heureux celui qui ne dit de mal de personne car il accomplit le bon plaisir du Seigneur.
Heureux celui qui ne montre pas les péchés des autres car il sera élu au seuil du Tout-Puisant.
Heureux celui qui pardonne car il gagnera les faveurs spirituelles de Dieu
Heureux celui qui ne diffuse que les doux parfums des fleurs de l’amitié et de l’association car il obtiendra une part généreuse des libéralités du Miséricordieux.
Heureux celui qui enseigne l’union et la concorde car il brillera comme une étoile du ciel.
Heureux le miséricordieux qui pratiquent la coopération car il sera entouré des bénédictions célestes.
Heureux celui qui réconforte l’opprimé car il sera l’ami de Dieu.

Extrait d’une lettre de Mirza Ahmad Sohrab à Harriet Magee, publiée dans Star of the West (Chicago) vol. n° 19 p. 38-39. Traduction provisoire Pierre Spierckel

samedi 17 avril 2010

‘Abdu'l-Bahá, sur l'amour


Sache, en toute certitude, que
l’amour est le secret de la sainte
révélation de Dieu, la manifestation
du Très-Miséricordieux, la
source des effusions spirituelles.
L’amour est la douce lumière cé-
leste, le souffle éternel du Saint-
Esprit qui vivifie l’âme humaine.
L’amour est la cause de la révélation
divine à l’homme, le lien
vital inhérent à la réalité des
choses, en harmonie avec la création
divine.
L’amour est le seul moyen de
procurer la félicité véritable, en ce
monde et dans l’autre.
L’amour est la lumière qui
nous guide à travers les ténèbres,
le lien vivant qui unit Dieu à
l’homme et fait progresser toute
âme illuminée.
L’amour est la très grande loi
qui régit ce puissant et céleste
cycle, l’unique pouvoir qui relie les
divers éléments de ce monde matériel,
la force magnétique suprême
qui dirige les mouvements
des sphères dans les célestes
royaumes.
L’amour révèle, avec une
puissance infaillible et illimitée, les
mystères latents de l’univers.
L’amour est l’esprit de vie
qui anime le corps embelli de l’humanité
; il est la cause de la civilisation
véritable en ce monde
mortel, et il dispense une gloire
impérissable sur tout peuple et
toute nation aux nobles idéaux.

mercredi 3 février 2010

Un poème de Tahéréh

Tahéréh qui est la grande poétesse de l'Iran du XIXe siècle, ardente disciple du Báb le Précurseur de Bahá'u'lláh. Ce poème fut traduite en anglais par Dick Davis. Voici mon humble tentative à le rendre en français :

Si je devais te rencontrer un jour, face à face, les yeux dans les yeux
Je te conterai mes malheurs, un à un, soupir après soupir.
Mais, comme le vent, je te cherche - où pourrions-nous nous rencontrer ? -
allant de porte en porte, de maison en maison, de rue en rue.
Où est cette bouche petite ? Où est cette joue parfumée ?
Cherchant de bourgeon en bourgeon, de fleur en fleur, de rose en rose
mon cœur saigne sans cesse comme on pleure,
coulant de ru en ru, de ruisseau en ruisseau, de mer en mer.
Ma vie est tissée d’amour ; abandonné, ce cœur que tu brisas
est maintenant tien - fil à fil, chaîne à chaîne, trame à trame.

jeudi 3 septembre 2009

Au-delà du monothéisme - parution

Vient de paraître aux éditions l'Harmattan, « Au-delà du monothéisme - la religion bahá'íe » du Dr Moojan Momen que j'ai eu le plaisir de traduire en français. Une lecture recommandée à tous ceux qui croient que monothéisme et fanatisme sont toujours synonymes.
La couverture :

La quatrième de couverture :

Les religions révélées monothéistes sont considérées par beaucoup comme la source de la violence religieuse dans le monde. Croire en un dieu unique c'est croire qu'il est le seul vrai. En conséquence, c'est croire que les autres sont faux.
L'auteur montre qu'une religion révélée monothéiste, la foi baha'ie, en poussant jusqu'au bout la logique de cette affirmation : Dieu est inconnaissable dans son essence, arrive à créer un champ de tolérance et d'acceptation de la diversité des pensées et des opinions trouvé rarement ailleurs.
Ainsi, l'important ne serait pas ce que l'on croit mais comment on croit.
Née en Perse en 1844, la religon bahá’íe s’est épanouie au long du vingtième siècle jusqu’à compter aujourd’hui des disciples dans tous les pays. Elle se présente comme l’accomplissement des promesses eschatologiques des révélations qui l’ont précédée. Évitant le piège du syncrétisme, elle sait réunir des croyances apparemment contradictoires par un retour au spirituel dans un cadre de pensée qu’on peut résumer ainsi : unité dans la diversité. Elle affirme l’indépendance pour chacun dans la recherche de la vérité et condamne toutes les formes de superstitions et de préjugés. Elle soutient que le but de la religion est de favoriser l’harmonie et la concorde et qu’elle ne saurait s’opposer à la science. Elle préconise le principe d’égalité des droits et des privilèges pour les deux sexes et l’instruction obligatoire. Elle recommande l’abolition des extrêmes de la pauvreté et de la richesse et voit le travail accompli dans un esprit de service comme un acte d’adoration. Elle prône l’adoption d’une langue auxiliaire internationale et prévoit les organisations nécessaires à l’établissement et à la préservation d’une paix permanente et universelle.


Le professeur Moojan Momen est l'auteur de nombreux ouvrages dont : Introduction to Shi'i Islam (Yale University Press, 1985), The Babi and the Baha'i Faiths 1844-1944 : Some Contemporary Western Accounts (George Ronald, Oxford, 1982), The Phenomena of Religion (OneWorld, Oxford, 1999) et contribue régulièrement à des revues académiques : Encyclopedia Iranica, Encyclopedia of the Modern Islamic World, International Journal of Middle Eastern Studies, Past and Present.

Bonne lecture !

dimanche 19 avril 2009

Si l'un de vous meurt, tant mieux : un de moins !

C'est, en résumé, l'attitude des autorités iraniennes face aux conditions déplorables que connaissent les 7 bahá'ís détenus à Chiraz, sans jugement, pour la seule raison d'être bahá'ís. Je n'ai pas le temps de traduire cet appel, mais une connaissance minimale de l'anglais vous permettra de découvrir les conditions inhumaines que le gouvernement iranien fait subir à ses citoyens innnocents.

Urgent Appeal by the Baha’is of Shiraz
April 20, 2009

By the Baha’is of Shiraz

Imprisoned Baha’is in Shiraz are being kept under inhumane conditions. They are held in small cells, in solitary confinement. These cells are about 2.2 meters x 2.2 meters wide, with an open washroom at the corner, and without any sort of windows, openings or ventilation system. Their bedding consists merely of two blankets on the cement prison floor. At present, there are seven Baha’i detained in the city of Shiraz.

Among them, the situation of Haleh Houshamandi-Salehi (arrested March 18, 2009), is the gravest (see http://www.iranpresswatch.org/2009/04/serious-health/). She has a heart ailment and her physician has stated that any stress or trauma will have an extremely serious impact on her health. Under the intense psychological and physical pressures of solitary confinement and ongoing interrogations, she developed numbness on the left side of her body to the point that she could not get herself up from the floor. After 22 days in solitary confinement, authorities transferred Halah Ruhi (detained since October 2007), to Haleh’s cell. Although Haleh Houshamandi-Salehi is being given some medication in the prison, she is in urgent need of proper medical care and the attention of a heart specialist. Her family has taken her medical records to the detention centre, hoping for compassion and understanding.

However, in response to her family’s ongoing inquiries into Haleh’s condition, the judiciary investigator recently said: “What happens if one of you dies, one less the better”.


Sooren Salehi
Haleh Houshmadi-Salehi’s 8-year old son, Sooren, traumatized by the raid of his home and the detainment of his mother, often bursts into tears. The mothers of his classmates help their children with their homework, drop them off and pick them up from school, but the authorities have left Sooren without his mother. He says, “I feel like crying, but I try very hard and stop myself. I worry that my classmates will make fun of me”. He often asks when his mother will be home, but no one has any answers to comfort this broken-hearted child.

Sooren Salehi, 8 ans.

On April 4, a bail was set by the Prosecutor General of Fars province for the release of four of the prisoners arrested in the last two months. However, the judiciary investigator stated that under no condition would he accept the instructions of the Prosecutor General and allow these Baha’is to be discharged on bail (see, http://www.iranpresswatch.org/2009/04/imprisoned-bahais-barred/).

A few days ago, an arrest order was briefly shown to a Baha’i that was being questioned by Islamic authorities. The arrest order was entitled: Arrest Warrant of all Connected Individuals. This revelation is very alarming as it indicates the authorities’ intentions to use such broad reaching statements to justify numerous arrests. With such a vague and ambiguous warrant, any and all family members of the detained Baha’is can be considered “connected individuals” and any Baha’i can be considered a “connected individual” by virtue of their faith and their common beliefs. Their use of elusive terminology on warrants allows them to detain, question and arrest any individual for any period of time, at will, and without any further justification or clarification.

It is the urgent hope of the detainees’ families that the ongoing atrocities against Baha’is are stopped, and that their loved ones, detained solely because of their beliefs, are released.